-Ouais j'arrive.
Je suis en train de descendre pour la dernière fois les escaliers de ma maison, celle où j'habite depuis ma naissance.
Sauf que cette fois-ci, il y a une énorme valise qui tente (difficilement) de descendre avec moi.
Mon père charge tout dans la voiture et moi je m'assois à l'arrière en silence, en compagnie de mon frère et de ma s½ur. Tous deux sont plus jeunes que moi et on passe notre temps à se disputer entre nous, je préfère ne pas leur parler.
Je vous confirme sans problème la phrase qui dit : On ne choisi pas sa famille, on la subit!
Le trajet se fait en silence. Je crois que personne n'a vraiment envi de parler, pas moi en tout cas.
On arrive peu de temps après à l'aéroport de Montréal. Mon frère, Luc, va chercher un chariot pour qu'on y entasse les bagages.
On laisse la voiture dans le stationnement, mon cousin viendra la chercher d'ici peu.
Moi, je suis toujours silencieuse. Je ne parle jamais beaucoup quand je suis à la maison, amis là, c'est quasi religieux!
Mes parents s'occupent de faire enregistrer nos quelques bagages, les autres étant partis par bateau il y a une semaine. Semaine que j'ai passé en compagnie de mon amie, Alexia, et avec qui j'ai passé tout mon temps libre à parler de Tokio Hotel.
Tokio Hotel c'est mon groupe de musique préféré. Je suis super fan d'eux depuis longtemps et je les écoute partout et tout le temps.
Je dois d'ailleurs les remercier car mes si merveilleux parents étaient tellement énervés d'entendre leurs musiques jouer à longueur de journées, qu'ils ont fini par m'acheter un iPod!
Enfin bref, je m'égare légèrement du sujet parce qu'en ce moment, je suis assise dans une de ces chaises vraiment inconfortables qu'on retrouve un peu partout dans les aéroports.
Mes pensées défilent et je pense à ma vie.
Mon nom est Sophia Stevens, j'ai 17 ans, je suis née au Canada et à cause de mes parents, je suis obligée de déménager à l'autre bout du monde.
À ce jour, ma vie se résume à deux mots : Tokio Hotel. Tokio Hotel par-ci, Tokio Hotel par-là! À force, je finis toujours par taper sur les nerfs de tout le monde, sauf de mes meilleures amies. Mais bon, ce ne sont pas mes meilleures amies pour rien non plus hein?
Côté style, je l'aime et sa me suffit. J'ai les cheveux châtains avec des mèches, mes ongles sont toujours peints en noir, j'ai les yeux bleus (d'après ma mère ils sont trop maquillés pff...).
Mais question vêtement, c'est pas tout à fait sa.
Parce qu'à mon ancienne école, on portait des uniformes (très laids) et que les week-end, je passais souvent mon temps en pyjama, sauf quand je sortais avec les filles.
Ce qui fait que mon garde-robe est plutôt vide. D'ailleurs, sa me fait penser que grâce au nouveau travail de mon père (celui à cause duquel on est obligé de déménager), je vais pouvoir aller dévaliser les boutiques!
Tout à coup, je me réveille en sursaut. Je ne me rappelle même pas m'être endormie pourtant... En tout cas, c'est ma petite s½ur, Laeticia, qui a été chargée de me réveiller, en douceur comme d'habitude.
-L'avion est arrivé, on doit y aller!
-Oui c'est bon titi, pas besoin de crier non plus.
Elle me tire la langue (elle déteste que je l'appelle titi) et s'éloigne.
Je prends mon sac Tokio Hotel et la suis jusqu'à la porte d'embarquement où tout le monde m'attend.
On montre tous notre passeport et on entre dans l'avion. Je cherche mon siège et fini par le trouver.
Je suis trois rangées derrière mes parents, ce qui me convient très bien.
Je hisse difficilement mon bagage à main dans la soute et fini par réussir à m'asseoir.
Sa ne parait peut être pas, mais c'est très épuisant prendre l'avion!
Quelques minutes plus tard, un gars se plante à côté de moi et me fixe.
-Hum...je peux t'aider?
-Oui euh, je suis assis à côté.
-Ah ok!
Je me lève et le laisse aller s'asseoir à sa place, près du hublot. Il me remercie et s'installe.
Je reprends place dans mon siège et sors mon iPod.
Je m'installe confortablement et ferme les yeux, Spring Nicht résonnant dans mes oreilles.
« Ich Schrei in die Nacht für Dich,
lass mich nicht im Stich,
Spring nicht.
Die lichter fangen Dich nicht,
sie betrügen Dich.
Spring nicht.
Erinner Dich,
an Dich und mich.
Die Welt da unten zählt nicht,
Bitte Spring Nicht. »
Une fois l'avion bien remplis, l'hôtesse de l'air vient nous expliquer les mesures de sécurité à prendre en cas d'urgence.
Je ferme mon iPod après un regard d'avertissement de mon père, qui s'est retourné dans son siège et écoute attentivement.
Elle nous le fait dans je ne sais pas combien de langues, mais moi j'ai juste compris en français, en anglais et en allemand. Trois langues que je parle couramment depuis que je suis toute petite (merci mamie!).
Je rouvre mon iPod et j'attends, en écoutant la magnifique voix de Bill. Finalement, l'hôtesse s'en va et l'avion décolle.
Me voilà partie pour la Suisse.
